Portraits et vie familiale
Outre les portraits réalisés dans l'intimité familiale et ceux des amis proches, Jean Tournassoud a réalisé tout au long de sa carrière de très nombreux portraits de ses amis politiques, artistes, personnalités militaires. Toujours posés, ses portraits ne sont cependant pas figés : on sent qu'entre le sujet et le photographe est passé un courant sympathique. La nature amicale et chaleureuse de Tournassoud met en confiance ses sujets qui savent que le photographe fera son possible pour les mettre en valeur.
Les portraits en noir et blanc sont souvent retouchés, parfois rehaussés de couleurs. On remarquera la grande maîtrise qu'avait Tournassoud de la lumière naturelle : il savait l'utiliser pour donner du caractère à un profile ou adoucir un visage. Une fois encore ses tirages sont d'une remarquable qualité. Si les portraits couleur peuvent paraître plus « posés », c'est autant à cause de la lenteur de l'émulsion de la plaque Autochrome qu'au style personnel du photographe.
L'intimité féminine familiale.
La vie civile de Tournassoud s'écoule dans l'intimité de Georgette dite « Geo » son épouse, ravissante jeune femme originaire de Rustrel dans le Vaucluse, Juliette sa fille et plus tard Paulette sa petite fille (Mick Micheyl).
Il n'est donc pas étonnant de retrouver dans les archives un très grand nombre de clichés, en couleur comme en noir et blanc, des femmes de sa vie.
Geo se prêta avec une infinie patience aux mises en scène de son époux : on la retrouve déguisée, plumant, lisant, à la toilette, au puit, dans un parc, à l'entrée d'une serre, au bas d'un escalier, au bord d'un étang, péchant, puisant de l'eau, avec des fleurs, parlant au jardinier, donnant ses leçons à Juliette etc.
Juliette née en 1902 apparaît bébé dans les bras de sa maman, en petite fille modèle parmi les fleurs. Costumée, elle prend part comme sa maman aux historiettes imaginées par son père. Toutes deux se prêtent avec bonne volonté à ces petites mises en scène souvent humoristiques jouant leur rôle avec application : on peut juger de leur patience lorsque l'on se rend compte que Tournassoud avait l'habitude de tirer plusieurs clichés de la même scène. Seul un examen minutieux permet de conclure qu'il ne s'agit pas du même cliché : ils leur fallait donc garder la pose suffisamment longtemps pour que le photographe puisse changer la plaque de verre négative de sa chambre photographique afin de prendre le cliché suivant avant que la lumière n'ait changé!
Enfin Paulette, elle aussi beaucoup photographiée, se souvient de ses escapades avec son grand père : dès qu'elle en eu la force, elle l'accompagnait dans ses déplacements portant ses lourds appareils photographiques. Elle passait des heures avec lui dans son laboratoire pour voir apparaître les images dans le révélateur, magie sans cesse renouvelée.
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