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Afin de donner plus de vie à ses clichés, Jean Tournassoud a souvent recours à un stratagème qu'il affectionne tout particulièrement : la mise en scène. Il dirige ses sujets avec le talent d'un metteur en scène : les poses, gestes, la position des personnages, leurs costumes lui permettent de composer de véritables tableaux vivants. Les personnages de ces mises en scène, pour la plus part sa famille ou ses amis proches, semblent se prêter docilement à cet exercice : ils donnent même l'impression d'y prendre un plaisir certain. Si ces photographies perdent en spontanéité ce qu'elles gagnent en composition, elles ne tombent jamais dans la banalité ou la vulgarité : on retrouve au contraire toujours ce sens de l'humour et cette joie de vivre qui caractérisent le travail de Tournassoud.
C'est avec un regard curieux, amusé, que Jean Tournassoud s'intéresse aux traditions et au folklore de sa région : il photographie les femmes en costumes régionaux, met en scène selon la tradition, Zet et Zette, les deux jeunes tourtereaux bressants ou encore, à la façon d'un homme de théâtre, il monte des scénettes inspirées des légendes et chants régionaux. Souvent enfin, pour le plaisir, il imagine des historiettes la plus part du temps jouées par ses amis et sa famille mis à contribution et costumés pour l'occasion (garde champêtre lisant un édit, accident ou dépannage automobile).
Il réalise également de nombreux autoportraits où lui même, déguisé, joue un rôle de composition.
La foire aux chevaux de Montmerle, au début du mois de septembre, offre au commandant Tournassoud d'inépuisables sujets de clichés pittoresques, surtout du côté des baraques de lutteurs ou de montreurs d'animaux. Il réalise une série pleine de sensibilité sur le monde des Gitans, des cirques : portraits de lutteurs, d'enfants et de montreurs d'ours, Troupes de saltimbanques, campements de bohémiens, caravanes de romanichels aux bords de la Saône ; romanichels que d'année en année il arrivait à connaître et à considérer comme ses amis.
Comprenant la richesse et l'originalité de la tradition bressane : le commandant devient dès 1938 le photographe attitré du Groupe Folklorique du Pays de Bresse : plusieurs albums furent réalisés dont « Au Pays Bressan » en 1939 avec le concours d' André Chagny pour la partie littéraire et historique (paysans en costume traditionnel, scènes de la vie quotidienne en Bresse.) et « Danses Bressanes » par Louis Buyret.
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